La quinte juste - éveil et apprentissage de la musique

Maurice Ravel

Joseph Maurice Ravel est un compositeur français né en 1875, d’une mère d’origine espagnole et d’un père français.

Quelques mois après sa naissance, la famille Ravel déménage à Paris, où Maurice vit une enfance heureuse. Ses parents, personnes à l’esprit ouvert, l’encouragent à développer ses dispositions pour la musique. Il débute son apprentissage du piano dès 6 ans et entre au Conservatoire de Paris à 14 ans.

Durant ses études, il écrit déjà avec un style personnel, qu’il affirme dans ses compositions et qui font parler de lui dans le monde de la musique : la Ballade de la reine morte d’aimer, la Sérénade grotesque, son Menuet antique, Entre cloches ou encore Pavane pour une infante défunte. Lorsque sa candidature au prix de Rome est rejetée en 1905 à cause de son âge (il a alors 30 ans et essuie son quatrième échec), sa notoriété est telle que dans les journaux on parle de « l’affaire Ravel ». Musiciens et presse prennent parti en sa faveur, et l’affaire se solde par un changement du directeur du Conservatoire.

Durant les dix premières années du XXe siècle, Ravel compose énormément et rencontre le succès : Jeux d’eau, Quatuor à cordes en fa majeur, Rhapsodie espagnole, Ma mère l’Oye ou encore Gaspard de la nuit. Il y développe son attrait pour les sonorités espagnoles et pour le fantastique.

En 1909, il part en tournée à Londres et, l’année suivante, il est à l’origine, avec C. Koechlin et F. Schmitt, de la Société musicale indépendante(1).

Viennent alors des années plus moroses au cours desquelles L’Heure espagnole est un échec et le ballet Daphnis et Chloé, écrit laborieusement, ne rencontre pas suffisamment de succès.

Il travaille à l’écriture d’un Trio en la mineur lorsque la guerre éclate en 1914. Il veut s’engager aux côtés de l’armée, au sein de laquelle il devient chauffeur de camion en 1916. L’année suivante, le décès de sa mère le plonge dans un immense chagrin. Réintégré dans le civil suite à une opération, il écrit Le Tombeau de Couperin, qu’il dédie à ses amis morts au front, puis n’écrit plus rien jusqu’en 1919, année au cours de laquelle il accepte de répondre à deux commandes : La Valse et L’Enfant et les sortilèges.

En 1920, il refuse de recevoir la Légion d’honneur. Il achète l’année suivante le « Belvédère », près de Paris, qui devient sa résidence, et y mène une vie calme, ponctuée de quelques séjours au Pays basque et de tournées en France et à l’étranger. Il part notamment pour une importante tournée aux États-Unis et au Canada en 1928, où il remporte un immense succès.

La même année, il compose son fameux Boléro, qui est salué unanimement ; il reçoit par la suite le titre de docteur en musique Honoris Causa(2) de l’Université d’Oxford.

1932 est l’année de ses dernières réalisations : le Concerto pour la main gauche, le Concerto en sol et une tournée en Europe. En 1933 se manifeste une maladie qui le réduit au silence : il ne peut plus ni parler ni écrire, et ne peut composer l’opéra Jeanne d’Arc, qui lui tenait tant à cœur.

Un neurochirurgien tente de l’opérer en 1937, mais Ravel tombe dans le coma et décède quelques jours plus tard.

Chronologie

1875 : Naissance de Maurice Ravel à Ciboure, près de Saint-Jean-de-Luz
1889 : Entrée au Conservatoire
1909 : Première tournée à l’étranger
1916 : Incorporation dans l’armée
1917 : Décès de sa mère
1928 : Tournée en Amérique du Nord ; année de composition du Boléro
1937 : Décès du compositeur, à l’âge de 62 ans

Anecdotes

Bien qu’il tienne absolument à s’engager durant la Première Guerre mondiale, Ravel se voit réformé. En effet, le musicien était un homme plutôt chétif de 1,61 m et de 48 kg.

Lors de la première représentation du Boléro, une femme s’est écrié que le compositeur était fou ; il lui répondra qu’elle était sans doute la seule à l’avoir compris.

À écouter

Boléro

Ravel - Jardin féerique© Luis Sarro

Ravel - Pavane pour une infante défunte© Luis Sarro

(1) Société ayant pour objectif de soutenir la création musicale contemporaine.
(2) Marque de distinction offerte par une université. C’est un titre honorifique décerné à une personne qui a marqué un domaine particulier par son talent.

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