La quinte juste - éveil et apprentissage de la musique

Erik Satie

Éric Alfred Leslie Satie est né en 1866 à Honfleur. L’année de ses 4 ans, son père obtient un poste de traducteur à Paris, où toute la famille emménage. Mais quand, en 1872, sa mère décède, il retourne avec son frère Conrad vivre en Normandie chez ses grands-parents. L’année de ses 12 ans, sa grand-mère décède à son tour, l’obligeant à retourner vivre auprès de son père à la capitale. En 1879, le jeune Erik entre au Conservatoire et compose cinq ans plus tard Allegro. Cependant, ses professeurs l’estiment sans grand talent, ce qui le pousse à s’engager dans l’infanterie, dont il se fait rapidement réformer.

À 21 ans, il s’installe à Montmartre, à Paris, et compose ses Quatre Ogives, ainsi que Sarabandes. L’année suivante, il écrit les Trois Gymnopédies. Il se lie d’amitié avec de nombreux artistes tels que les poètes Stéphane Mallarmé et Paul Verlaine. Il fait également la rencontre de Claude Debussy, alors qu’il travaille comme pianiste dans des cabarets pour gagner de quoi subsister.

En 1891, il compose Gnossiennes et entre dans l’ordre de la Rose-Croix catholique et esthétique du Temple et du Graal, pour lequel il compose également Les Sonneries de la Rose-Croix et Le Fils des Étoiles. Il s’éloigne ensuite de ce mouvement pour fonder l’Église métropolitaine d’art de Jésus-Conducteur. Il y est à la fois prêtre, trésorier, rédacteur du bulletin paroissial… et le seul adepte ! Il compose la Messe des pauvres, mais finit par abandonner cette entreprise. Il tombe alors amoureux de l’artiste-peintre Suzanne Valadon, pour qui il compose les Danses gothiques. Leur rupture au bout de cinq mois de relation laisse le compositeur dévasté. Et c’est durant cette période qu’il compose Vexations.

En 1895, un héritage lui permet de faire imprimer ses partitions et de renouveler sa garde-robe. Erik Satie est déjà connu pour son style musical et pour son humour flirtant avec la provocation, il est désormais reconnu à son style vestimentaire : costume de velours, chapeau melon et parapluie.

L’année suivante, l’argent de l’héritage ayant été dépensé, il emménage dans une chambre sans commodités à Arcueil, au sud de Paris. Il y compose de nombreuses œuvres, auxquelles il donne des noms peu flatteurs : Pièces froides en 1897, Aperçus désagréables entre 1908 et 1912, Préludes flasques et Véritables préludes flasques (pour un chien) en 1912, ou encore Embryons desséchés en 1913.

Pourtant, en 1905, il reprend des études à la Schola Cantorum(*), véritable tentative d’enrichir sa musique, et obtient un diplôme.

En 1916, il collabore avec Jean Cocteau au projet de ballet intitulé Parade, qui reçoit un accueil très positif. C’est ensuite avec le peintre Georges Braque qu’il travaille sur Le Piège de Méduse, dont il écrit la musique et les textes. Deux ans plus tard, sur commande de la princesse de Polignac, il livre Socrate.

En 1925, il tombe malade et est hospitalisé. Il meurt d’une cirrhose du foie le 1er juillet.

Chronologie

1866 : Naissance à Honfleur
1872 : Décès de sa mère
1879 : Entrée au Conservatoire pour étudier la musique
1887 : Installation à Montmartre : il gagne sa vie comme pianiste dans des cabarets.
1893 : Séparation brutale de Suzanne Valadon ; il compose Vexations.
1905 : Reprise d’études musicales à la Schola Cantorum
1925 : Décès, à l’âge de 59 ans.

Anecdotes

L’œuvre Vexations, écrite à la suite d’une déception sentimentale, est une mélodie courte prévue pour être jouée huit cent quarante fois, ce qui représente environ vingt heures de jeu !
Avec son héritage, Satie s’est offert de nouvelles tenues : sept exemplaires identiques d’un costume jaune moutarde en velours ! Cela lui a d’ailleurs valu le surnom de « Velvet Gentleman » dans Paris.

À écouter

Satie - Gnossienne No.1© Edward Rosser

Satie - Gymnopédie No.1© Edward Rosser

 

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